Bonjour à tous. En bref il ne se passe rien de bien passionnant ici, et je n'aurais rien à raconter d'ici le festival. Je vais même surement, pour la première fois depuis mon bac, suivre la fête de la musique devant la télé plutôt que dans les rues, faute de potes avec qui "moover". Je décide donc de vous faire suivre les nouvelles de mon pote Ju, qui était venu à la toussaint à Brest. Je pense que son périple peut en intéresser certains. Je lui laisse donc la parole.
lun. 02/06/08 16:37
Newindiga la famille, les ami(e)s
Bientôt deux semaines que le petit européen utopiste et rêveur que je suis foule le sol burkinabé. Boussole culturelle désorientée, certitudes mises à mal, inutile de vous cacher que bien des sentiments relatifs au monde, à la Vie, à ma personne ont d'ores-et-déjà évolué ; mais l'heure n'en est pas encore au bilan, je suis vivant ! Simplement l'envie de vous souligner par le biais de ces premières nouvelles que le choc induit par l'éloignement d'un art de vivre cadré depuis la naissance (ainsi en est-il !) donne un coup d'accélérateur inouï au processus de remise en question qui anime tout individu désireux de mener une existence en accord avec ses souhaits d'amour, d'intégrité, de liberté... Vous comprendrez qu'il ne m'est pas aisé de vous formuler ces "actes" de réflexion ; aurons bien le temps d'en reparles plus tard ! Ne m'en voulez pas trop... Sachez simplement que ce début de voyage, certes ponctués (de grosses taches !) de sérieux instants d'inconfort mental et spirituel, laisse présager une notable évolution du rapport que j'entretiens, et entretenais ces derniers temps avec violence et confusion, entre moi et moi-même ! Allez, je stoppe ma délirante mais non moins nécessaire autopsychanalyse et vous épargne mes premières esquisses de réflexions sur la hiérarchisation des priorités d'une vie, la profonde valeur de la Vie...
Arrivé donc à Ouaga comme prévu dans la nuit du 20 au 21 mai, ai tout de suite eu la chance de goûter aux joies de l'arnaque de la capitale burkinabé ; attrapé par un roublard nommé Solow (bien connu des touristes qui arrivent un peu perdu à l'aéroport), jeté dans un taxi, hôtel sans enseigne, quartier glauque, bref histoire louche de laquelle j'ai su me sortir en parlementant copieusement... Faut savoir danser en rythme avec ces loulous et rompre la pas à temps ! J'ai pu retrouver l'aéroport vers 4h30 et le pote (le vrai) Nanan qui m'y attendait. Accueilli par lui-même et sa copine Camille (une ch'ti de Wattignies, à Ouaga pour sa maîtrise de psycho), je suis donc logé dans un quartier périphérique et bien typique à l'Est de Ouaga. Je vit également avec Alain et James, deux amis ivoiriens de Nanan, respectivement batteur et clavier du Bois sacré, groupe de reggae de Nanan (excellent chanteur par ailleurs).
Après une courte journée de découverte de Ouaga, les ai accompagné à Fada N'Gourma (à l'Est du pays, sur la route de Niamey au Niger) afin d'y visiter un ami rasta, Peace, prof au lycée de Fada. Accueilli par la famille, ai pu goûter aux joies d'être un nassara (blanc en mooré) non assailli par les belliqueux commerçants de Ouaga (c'est dur à vivre, croyez moi !), ai pu visiter le lycée, un jardin botanique, etc. Petite anecdote : Peace enseigne l'anglais à des classes dont les effectifs atteignent les 95 élèves ! Ai pu aussi aborder avec lui les pbs d'éducation et d'alphabétisation au Burkina (30%) ; nombreux sont les enfants qui ne connaîtront jamais les bancs de l'école ! Parmi ceux qui possèdent cette chance, rares sont ceux qui décrochent le brevet... Je vous laisse réfléchir et vous remémorer les complaintes des étudiants que vous êtes ou êtiez, lassés par l'école ! A Ouaga, à la nuit tombée, faute d'électricité à la maison, des dizaines d'étudiants se retrouvent sous les réverbères pour y réviser leurs cours ou lire leurs bouquins ! Cette virée à Fada fût aussi l'occasion de se balader un peu en brousse et ce malgré la chaleur écrasante en cette fin de saison sèche (45-50°C), et méditer à l'ombre d'un manguier écoutant les histoires africaines de vieux sages (quand je pige !)... Petite réflexion à part, les villes d'Afrique sont de vraies poubelles, malgré une volonté de sensibiliser les populations à la problématique des déchets, l'Africain se tape royalement de la gestion de ces derniers... Rien que d'en parler m'horrifie, cette terre qu'ils assassinent avec les nouveaux déchets que sont les matières plastiques... Ai pu aborder ce sujet avec Peace, qui m'avouait que rien n'est fait à l'école ! Bref, difficile de sensibiliser les gens à cela quand la faim les tiraille, le lien est évident pour nous européens mais ici, tout est à faire... Ah, les contraintes du développement !!!
Depuis, à Ouaga, chevauchant ma Peugeot P50, je vis le centre de cette folle ville, arpente les environs, les bleds, les marchés, les églises, mosquées, soud-systems, concerts, la bouffe, etc. Découvre les us et coutumes d'ici, apprends timidement qqs mots de mooré, me familiarise avec les origines et répartition des peuples et ethnies... Je vous en raconterai plus à ce sujet plus tard... Simplement, l'hospitalité des burkinabé est hallucinante !
Globalement, tout se passe très bien même s'il est parfois difficile de constater à quel point les puissances de l'Afrique ne pourront sans doute jamais s'épanouir dans un tel contexte mondial... Mais au-delà, je vous envoie des sourires d'enfants (à qui la vie vole souvent l'adolescence) synonymes pour moi ici de joie de vivre chaque moment d'une existence perpétuellement menacée...
Demain, je pars pour un petit tour d'une dizaine de jours dans le Sud-Ouest du pays avant de repasser à Ouaga faire la bringue et de partir pour le mali avant de retrouver Thibaut en Guinée début juillet...
mer. 18/06/08 09:09
Ani tilé la famille, les amis,
Depuis mon dernier mail, bien des rencontres ont ponctué mon petit tour du BF ; m'en suis allé visité le SW où le climat et la situation topographique du coin m'ont permis de découvrir une savane arbustive dense couverte d'un tapis graminéen conférant une fraîcheur si appréciable en cette saison où il fait encore très chaud entre les pluies, encore timides... j'avoue avoir préféré cette ambiance à celle des environs de Ouaga où les arbustes clairsemés au milieu de vastes étendues de terres latéritiques (non encore semées qui plus est) n'offrent qu'un spectacle certes grandiose mais assez monotone... je vous passe mon ressenti sur l'intégration par les populations paysannes des problématiques liées à la sahélisation, quant à leur sensibilisation !
des rencontres ; d'abord avec une organisation sociétale africaine si différente de la notre ; en Afrique, tout est possible, rien n'est certain ! ou comment attendre le départ d'un bus qui ne partira pas, s'en trouver hébergé plusieurs jours dans un celibatorium (courée typique de la grande ville africaine), dormir dans les gares, constater à quel point l'africain de l'ouest se libère de tout souci d'ordre matériel, rien n'est jamais grave "y'a pas de problème mon frère" ou soit patient et oublie ta vie minutée d'européen ! rencontre également avec une société au sein de laquelle l'importance des croyances religieuses dépasse mon entendement mais il est ici aisé de comprendre que la foi, toutes divinités confondues (je reste large, les animistes sont encore nombreux dans certains coins), reste l'ultime lien à une positivité certaine et à un optimisme inébranlable face à une criante précarité, je ne m'étendrai pas là-dessus ; les paradoxes du développement de l'Afrique et en particulier de cette zone sud-saharienne sont éloquents, il sera bon d'en discuter, mon avis sur les responsabilités du riche "nord" que je croyais jusqu'alors totales ou quasiment (et je reste convaincu que la part de cette responsabilité demeure en cette période de globalisation incontrôlée plus qu'énorme) se confrontent ici à un sentiment assez bizarre de laisser-aller de la part des africains qui semblent ne jamais vouloir s'unir afin de se développer intelligemment, traînant dans l'assistanat (les dirigeants corrompus en sont en grande partie responsables, en témoigne la politique du président burkinabé Blaise Campaoré), ce sentiment d'infériorité bien trop cultivé ; rien ne bouge... je n'ai ni le temps ni les idées assez claires pour lancer le débat ; ici simplement, on peut lire certains journalistes qui n'ont pas peur de crier leur honte d'être noir ! façon très critique mais légitime de dénoncer l'inertie que je constate moi-même ici dans laquelle les africains se "complaisent"... dur !
rencontre avec le commerce et l'arnaque ; à Ouaga, l'amie Camille m'a surnommé "celui qui ne sait pas dire non" et effectivement je n'ai pas su dire non et me suis fait un peu quarna par deux cousins pourtant amis de thibaut, bref ! ma volonté d'aider un peu leur atelier d'artisanat africain leur a vite donner des idées ! rien de méchant mais j'ai pu récupérer des objets dont j'aurais pu négocier le prix nettement à la baisse avec d'autres artisans... passons... pour les demoiselles, j'aurais qqs colliers à vous proposer à mon retour... on aura tout vu : julien en reconversion vers le commerce équitable d'objet d'arts africains ! non non non !
rencontre avec une nature inconnue (ah ! certains ont du s'étonner de ne me voir aborder ce sujet dans mon premier mail !) ; parti sans aucun docs ou bouquins naturalistes, par volonté de retrouver un émerveillement sensoriel total purifié de toute science, la frustration a vite atteint son top niveau et me suis donc bien évidemment mis à la recherche de guides ornitho particulièrement, en vain ; c'est donc en mémorisant visuellement tous ces gros ou pitits zozios puis en visitant un petit centre d'éduc à l'environnement sur Ouaga que j'ai pu identifier les espèces rencontrées depuis un petit mois... je vous tais ma liste (énorme !!!), sachez que globalement je vois de bien belles formes de vie qu'elles soient animales ou végétales ; baobabs et fromagers sont hallucinants, quant aux paps, libellules, coléo, cicindèles, etc. wahoo ! sans oublier les grands mammifères ! les noms au prochain bulletin !
rencontres avec les mossis, les bobos, les dioulas, les peuls, les gourmantchés, les gourounsis, les lobis, les gans, etc. quelle diversité culturelle ! c'est extraordinaire ! mais qu'il est triste de constater qu'universellement les peuples et ethnies n'en finiront jamais de revendiquer violemment (même si au BF, tous vivent en paix, relative!) leur origines et de transformer une richesse et une originalité culturelle en volonté de dominer le voisin...
rencontres avec les "vieux" avec qui il est vraiment intéressant de discuter tant leur regard sur le monde est affuté...
rencontre avec ma vie ; je poursuis mon aventure également sur les chemins de l'introspection ; la claque continue ! très positivement ! allez, m'en vais attraper un bus pour le nord du BF avant de passer la frontière ! je quitte demain le Burkina pour le Mali et le pays Dogon dans un premier temps...prenez soin de vous ;)
julien
lun. 02/06/08 16:37
Newindiga la famille, les ami(e)s
Bientôt deux semaines que le petit européen utopiste et rêveur que je suis foule le sol burkinabé. Boussole culturelle désorientée, certitudes mises à mal, inutile de vous cacher que bien des sentiments relatifs au monde, à la Vie, à ma personne ont d'ores-et-déjà évolué ; mais l'heure n'en est pas encore au bilan, je suis vivant ! Simplement l'envie de vous souligner par le biais de ces premières nouvelles que le choc induit par l'éloignement d'un art de vivre cadré depuis la naissance (ainsi en est-il !) donne un coup d'accélérateur inouï au processus de remise en question qui anime tout individu désireux de mener une existence en accord avec ses souhaits d'amour, d'intégrité, de liberté... Vous comprendrez qu'il ne m'est pas aisé de vous formuler ces "actes" de réflexion ; aurons bien le temps d'en reparles plus tard ! Ne m'en voulez pas trop... Sachez simplement que ce début de voyage, certes ponctués (de grosses taches !) de sérieux instants d'inconfort mental et spirituel, laisse présager une notable évolution du rapport que j'entretiens, et entretenais ces derniers temps avec violence et confusion, entre moi et moi-même ! Allez, je stoppe ma délirante mais non moins nécessaire autopsychanalyse et vous épargne mes premières esquisses de réflexions sur la hiérarchisation des priorités d'une vie, la profonde valeur de la Vie...
Arrivé donc à Ouaga comme prévu dans la nuit du 20 au 21 mai, ai tout de suite eu la chance de goûter aux joies de l'arnaque de la capitale burkinabé ; attrapé par un roublard nommé Solow (bien connu des touristes qui arrivent un peu perdu à l'aéroport), jeté dans un taxi, hôtel sans enseigne, quartier glauque, bref histoire louche de laquelle j'ai su me sortir en parlementant copieusement... Faut savoir danser en rythme avec ces loulous et rompre la pas à temps ! J'ai pu retrouver l'aéroport vers 4h30 et le pote (le vrai) Nanan qui m'y attendait. Accueilli par lui-même et sa copine Camille (une ch'ti de Wattignies, à Ouaga pour sa maîtrise de psycho), je suis donc logé dans un quartier périphérique et bien typique à l'Est de Ouaga. Je vit également avec Alain et James, deux amis ivoiriens de Nanan, respectivement batteur et clavier du Bois sacré, groupe de reggae de Nanan (excellent chanteur par ailleurs).
Après une courte journée de découverte de Ouaga, les ai accompagné à Fada N'Gourma (à l'Est du pays, sur la route de Niamey au Niger) afin d'y visiter un ami rasta, Peace, prof au lycée de Fada. Accueilli par la famille, ai pu goûter aux joies d'être un nassara (blanc en mooré) non assailli par les belliqueux commerçants de Ouaga (c'est dur à vivre, croyez moi !), ai pu visiter le lycée, un jardin botanique, etc. Petite anecdote : Peace enseigne l'anglais à des classes dont les effectifs atteignent les 95 élèves ! Ai pu aussi aborder avec lui les pbs d'éducation et d'alphabétisation au Burkina (30%) ; nombreux sont les enfants qui ne connaîtront jamais les bancs de l'école ! Parmi ceux qui possèdent cette chance, rares sont ceux qui décrochent le brevet... Je vous laisse réfléchir et vous remémorer les complaintes des étudiants que vous êtes ou êtiez, lassés par l'école ! A Ouaga, à la nuit tombée, faute d'électricité à la maison, des dizaines d'étudiants se retrouvent sous les réverbères pour y réviser leurs cours ou lire leurs bouquins ! Cette virée à Fada fût aussi l'occasion de se balader un peu en brousse et ce malgré la chaleur écrasante en cette fin de saison sèche (45-50°C), et méditer à l'ombre d'un manguier écoutant les histoires africaines de vieux sages (quand je pige !)... Petite réflexion à part, les villes d'Afrique sont de vraies poubelles, malgré une volonté de sensibiliser les populations à la problématique des déchets, l'Africain se tape royalement de la gestion de ces derniers... Rien que d'en parler m'horrifie, cette terre qu'ils assassinent avec les nouveaux déchets que sont les matières plastiques... Ai pu aborder ce sujet avec Peace, qui m'avouait que rien n'est fait à l'école ! Bref, difficile de sensibiliser les gens à cela quand la faim les tiraille, le lien est évident pour nous européens mais ici, tout est à faire... Ah, les contraintes du développement !!!
Depuis, à Ouaga, chevauchant ma Peugeot P50, je vis le centre de cette folle ville, arpente les environs, les bleds, les marchés, les églises, mosquées, soud-systems, concerts, la bouffe, etc. Découvre les us et coutumes d'ici, apprends timidement qqs mots de mooré, me familiarise avec les origines et répartition des peuples et ethnies... Je vous en raconterai plus à ce sujet plus tard... Simplement, l'hospitalité des burkinabé est hallucinante !
Globalement, tout se passe très bien même s'il est parfois difficile de constater à quel point les puissances de l'Afrique ne pourront sans doute jamais s'épanouir dans un tel contexte mondial... Mais au-delà, je vous envoie des sourires d'enfants (à qui la vie vole souvent l'adolescence) synonymes pour moi ici de joie de vivre chaque moment d'une existence perpétuellement menacée...
Demain, je pars pour un petit tour d'une dizaine de jours dans le Sud-Ouest du pays avant de repasser à Ouaga faire la bringue et de partir pour le mali avant de retrouver Thibaut en Guinée début juillet...
mer. 18/06/08 09:09
Ani tilé la famille, les amis,
Depuis mon dernier mail, bien des rencontres ont ponctué mon petit tour du BF ; m'en suis allé visité le SW où le climat et la situation topographique du coin m'ont permis de découvrir une savane arbustive dense couverte d'un tapis graminéen conférant une fraîcheur si appréciable en cette saison où il fait encore très chaud entre les pluies, encore timides... j'avoue avoir préféré cette ambiance à celle des environs de Ouaga où les arbustes clairsemés au milieu de vastes étendues de terres latéritiques (non encore semées qui plus est) n'offrent qu'un spectacle certes grandiose mais assez monotone... je vous passe mon ressenti sur l'intégration par les populations paysannes des problématiques liées à la sahélisation, quant à leur sensibilisation !
des rencontres ; d'abord avec une organisation sociétale africaine si différente de la notre ; en Afrique, tout est possible, rien n'est certain ! ou comment attendre le départ d'un bus qui ne partira pas, s'en trouver hébergé plusieurs jours dans un celibatorium (courée typique de la grande ville africaine), dormir dans les gares, constater à quel point l'africain de l'ouest se libère de tout souci d'ordre matériel, rien n'est jamais grave "y'a pas de problème mon frère" ou soit patient et oublie ta vie minutée d'européen ! rencontre également avec une société au sein de laquelle l'importance des croyances religieuses dépasse mon entendement mais il est ici aisé de comprendre que la foi, toutes divinités confondues (je reste large, les animistes sont encore nombreux dans certains coins), reste l'ultime lien à une positivité certaine et à un optimisme inébranlable face à une criante précarité, je ne m'étendrai pas là-dessus ; les paradoxes du développement de l'Afrique et en particulier de cette zone sud-saharienne sont éloquents, il sera bon d'en discuter, mon avis sur les responsabilités du riche "nord" que je croyais jusqu'alors totales ou quasiment (et je reste convaincu que la part de cette responsabilité demeure en cette période de globalisation incontrôlée plus qu'énorme) se confrontent ici à un sentiment assez bizarre de laisser-aller de la part des africains qui semblent ne jamais vouloir s'unir afin de se développer intelligemment, traînant dans l'assistanat (les dirigeants corrompus en sont en grande partie responsables, en témoigne la politique du président burkinabé Blaise Campaoré), ce sentiment d'infériorité bien trop cultivé ; rien ne bouge... je n'ai ni le temps ni les idées assez claires pour lancer le débat ; ici simplement, on peut lire certains journalistes qui n'ont pas peur de crier leur honte d'être noir ! façon très critique mais légitime de dénoncer l'inertie que je constate moi-même ici dans laquelle les africains se "complaisent"... dur !
rencontre avec le commerce et l'arnaque ; à Ouaga, l'amie Camille m'a surnommé "celui qui ne sait pas dire non" et effectivement je n'ai pas su dire non et me suis fait un peu quarna par deux cousins pourtant amis de thibaut, bref ! ma volonté d'aider un peu leur atelier d'artisanat africain leur a vite donner des idées ! rien de méchant mais j'ai pu récupérer des objets dont j'aurais pu négocier le prix nettement à la baisse avec d'autres artisans... passons... pour les demoiselles, j'aurais qqs colliers à vous proposer à mon retour... on aura tout vu : julien en reconversion vers le commerce équitable d'objet d'arts africains ! non non non !
rencontre avec une nature inconnue (ah ! certains ont du s'étonner de ne me voir aborder ce sujet dans mon premier mail !) ; parti sans aucun docs ou bouquins naturalistes, par volonté de retrouver un émerveillement sensoriel total purifié de toute science, la frustration a vite atteint son top niveau et me suis donc bien évidemment mis à la recherche de guides ornitho particulièrement, en vain ; c'est donc en mémorisant visuellement tous ces gros ou pitits zozios puis en visitant un petit centre d'éduc à l'environnement sur Ouaga que j'ai pu identifier les espèces rencontrées depuis un petit mois... je vous tais ma liste (énorme !!!), sachez que globalement je vois de bien belles formes de vie qu'elles soient animales ou végétales ; baobabs et fromagers sont hallucinants, quant aux paps, libellules, coléo, cicindèles, etc. wahoo ! sans oublier les grands mammifères ! les noms au prochain bulletin !
rencontres avec les mossis, les bobos, les dioulas, les peuls, les gourmantchés, les gourounsis, les lobis, les gans, etc. quelle diversité culturelle ! c'est extraordinaire ! mais qu'il est triste de constater qu'universellement les peuples et ethnies n'en finiront jamais de revendiquer violemment (même si au BF, tous vivent en paix, relative!) leur origines et de transformer une richesse et une originalité culturelle en volonté de dominer le voisin...
rencontres avec les "vieux" avec qui il est vraiment intéressant de discuter tant leur regard sur le monde est affuté...
rencontre avec ma vie ; je poursuis mon aventure également sur les chemins de l'introspection ; la claque continue ! très positivement ! allez, m'en vais attraper un bus pour le nord du BF avant de passer la frontière ! je quitte demain le Burkina pour le Mali et le pays Dogon dans un premier temps...prenez soin de vous ;)
julien
2 commentaires:
Ouaa ! Merci fanch de nous faire partager ce texte...ce gars écris d'une manière remarquable et j'ai eu beaucoup de plaisir à le lire...inutile de te dire que j'attend la suite ;)
Bonjour à Julien alors !
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